Reverdir les espaces urbains, nouvelle priorité

Des villes à reverdir

© Schindler Suisse

Après un été hors normes, les projets de lutte contre le réchauffement climatique se multiplient. Les thèses déjà avancées ces dernières années refont surface, trouvant une autre écoute auprès des principaux concernés. Parmi les idées qui font leur chemin figure le verdissement des villes. Une initiative majeure pour rendre ces lieux plus agréables à vivre.

Publié le 11 octobre 2022 par Estelle Guiton

Des îlots de fraîcheur indispensables

Mieux vivre dépasse aujourd’hui le simple cadre de l’amélioration des logements. Si leur rénovation est incontournable pour augmenter le confort et limiter les passoires énergétiques, cette opération doit impérativement être associée à une action plus large sur l’environnement, d’autant plus dans les zones urbaines. En effet, celles-ci ont aussi un rôle à jouer en rendant les espaces publics plus respirables. Cela commence par la mise à l’arrêt de la bétonisation au profit d’espaces protégés et végétalisés.

Plusieurs villes ont franchi le pas en créant des espaces de végétalisation urbaine. Le principe est simple, redonner un peu de domaine public à la population pour permettre les mises en culture. L’initiative a un double intérêt : amener du vert sur des zones jusque-là bitumées et entretenir des bouts de terre. Car végétaliser les rues est moins évident qu’il n’y paraît, faisant entrer en jeu plusieurs éléments.

Le choix des végétaux, élément majeur

La végétalisation des villes implique un suivi régulier et une étude des lieux et des plantes. Si le premier point est lié à l’entretien, le second consiste à ne pas faire de ces espaces des lieux plus difficiles à vivre que le choix du béton. En effet, les végétaux sélectionnés doivent disposer d’une bonne capacité d’absorption du CO2. Pour en garder les effets positifs, il est aussi nécessaire de veiller à ne pas opter pour des plants allergisants, le pollen pouvant poser souci.

Ces plantations pour refroidir les villes ne peuvent toutefois être efficaces seules. Le mieux est de les associer à la création de points d’eau ou de véritables poumons verts avec l’aménagement de jardins et parcs. Ces travaux sont essentiels. Ils ont pour effet de faire diminuer la température urbaine, d’autant plus en cas de canicule, et ainsi se préparer aux prochaines années annoncées comme plus chaudes.

Une initiative gouvernementale

Le gouvernement entend aussi contribuer à cette initiative. Le ministre délégué à la Ville et au Logement, Olivier Klein, l’a reprécisé en septembre 2022 en demandant la ré-étude de tous les projets de rénovation urbaine programmés en 2023. Une question devra être au centre de tous : les réhabilitations envisagées participent-elles à l’effort environnemental ? Cela va de pair avec une autre interrogation, celle de savoir si l’on peut faire mieux. Une cour d’école, une façade, un toit… tous ces projets devront aussi être menés en vue de protéger l’environnement et contribuer, à leur mesure, à faire baisser la chaleur des villes et à l’intérieur des locaux.

Pour cela, le ministre a annoncé un investissement de 100 millions d’euros, pris sur les 12 milliards d’euros déjà affectés au nouveau programme national de rénovation urbaine planifié sur la période 2024-2030.

#Aménagements urbains #Développement durable #Gestion des projets